Une page d'histoire
"À travers les méandres de l’histoire de la Faculté d’éducation, on peut trouver certaines pistes qui sont ses lignes de forces." Ainsi le doyen-fondateur de la plus ancienne maison de formation à l’enseignement bilingue en Ontario, le docteur Lionel Desjarlais, commente-t-il l’odyssée unique de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa.
Les balbutiements de la formation à l’enseignement dans la capitale canadienne devancèrent cependant, de près d’un siècle, la fondation de l’actuelle Faculté. En effet, le 22 octobre 1875, l’honorable Egerton Ryerson, alors surintendant en chef de l’Éducation en Ontario, inaugura le Ottawa Normal School, qui devint plus tard le Ottawa Teachers’ College. À une époque de grande effervescence politique, moins d’une décennie après la Confédération canadienne, l’ouverture de cette première école de formation pédagogique à Ottawa fut d’ailleurs l’occasion de l’annonce, par le premier ministre ontarien de l’époque, l’honorable Oliver Mowat, de la création prochaine d’un département provincial de l’Éducation, qui allait devenir l’actuel ministère de l’Éducation de l’Ontario.
Environ un demi-siècle plus tard, en 1923, l’insatisfaction populaire engendrée par l’implantation du Règlement 17 (loi sur l’interdiction de l’enseignement en français au-delà des deux premières années du cours primaire) amena la création, par le Sénat de l’Université d’Ottawa, d’une École de pédagogie francophone, avec à sa direction le père René Lamoureux, o.m.i. En 1927, l’institution adopta le nom d’École normale de l’Université d’Ottawa.
Le destin amena encore son lot de changements dans les années d’après-guerre et, suite à de nombreuses discussions avec le gouvernement provincial de l’Ontario, la Faculté de psychologie et d’éducation pour les études supérieures ouvrit ses portes en 1965. Celle-ci fut séparée en deux entités distinctes, deux ans plus tard, avec la création, le 10 avril 1967, de la Faculté d’éducation. Le docteur Lionel Desjarlais en devint le premier doyen.
Entre 1955 et 1967, l ’Université d’Ottawa décerna 372 baccalauréats en Éducation à des détenteurs d’un premier grade universitaire, 244 maîtrises et 57 doctorats. «Nous avons donc, en ce domaine de l’enseignement et de la recherche une expérience aussi riche que celle de n’importe quelle autre institution ontarienne», déclara le recteur de l’Université, le père Roger Guindon, lors d’une cérémonie de collation des grades, le 4 juin 1967.
Le 14 août 1969, l’École normale d’Ottawa, institution relevant toujours d’autorité provinciale, fut intégrée à la nouvelle Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. Cinq ans plus tard, le 1er septembre 1974, les conclusions du rapport McLeod suggérant le transfert des écoles normales sous compétence universitaire, le Ottawa Teachers’ College (anciennement le Ottawa Normal School) fut aussi annexé à la Faculté d’éducation.
À cette époque, cependant, les locaux abritant les différents modules de la Faculté n’avaient pas encore été regroupés en une seule maison. Par exemple, l’école normale francophone, dont le siège était toujours sur la rue Kilborn, dans l’ancien Grand Séminaire d’Ottawa, se trouvait à six kilomètres du campus principal. Et, à l’heure où des travaux d’expansion modernisaient la géographie de la rive orientale du Canal Rideau, l’Université d’Ottawa érigea le pavillon Lamoureux, ainsi nommé en l’honneur du premier directeur de l’École de pédagogie, en 1923. La construction du bâtiment fut achevée en 1978.
La Faculté d’éducation entra dans une nouvelle ère, en 1995, avec l’ouverture du Centre de ressources pédagogiques et du Centre de ressources pour la recherche en éducation, alors que d’importantes réformes de la structure administrative et des programmes modifiaient considérablement son curriculum institutionnel. L’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario fut créé en 1996 et agréa officiellement les programmes de B.Ed. (Teacher Education et Formation à l’enseignement) en 1999.
"L’histoire de la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, c’est encore la tradition d’excellence dont elle a su imprégner l’enseignement et la recherche à tous les niveaux de sa programmation. Finalement et d’une importance capitale, son histoire s’identifie avec une vision humaniste de la personne, vision qui constitue sa philosophie directrice et son trait distinctif", de conclure le docteur Lionel Desjarlais.
